Circuits glissants et non linéiques
3. Modélisation à un circuit glissant linéique des machines DC à collecteur électronique
Équation électromécanique des génératrices à redresseur
La différence fondamentale entre le modèle étudié et celui d'une machine à collecteur classique est que l'induit ne reste pas fixé dans une position r donnée, mais peut se déplacer en fonction du régime de charge.
En effet, la position des points de contact n'est pas liée mécaniquement à la position de balais réels, fixés à la périphérie d'un collecteur, mais elle dépend de phénomènes électriques internes qui font que certaines diodes conduisent et d'autres pas.
L'équation électromécanique, nécessaire pour calculer la position r de l'induit, fera donc intervenir des grandeurs électriques.
Dans le cas d'une génératrice à redresseur, ce sont les diodes sur lesquelles le potentiel électrique fourni par l'induit est le plus élevé qui conduisent. Nous souhaitons cependant pouvoir calculer la position r sans faire appel à un modèle détaillé, mais uniquement au circuit glissant présenté dans la guidance.
Nous allons pour cela mathématiser la situation de la façon suivante. On considère un second circuit d'induit, fictif, que l'on désignera par l'indice "a' " et dont la position r' est quelconque. Il n'est parcouru par aucun courant, donc
(S03-185) ia' = 0
Ce circuit " a' " se confond avec le circuit d'induit réel " a " lorsque r' = r . Les deux circuits doivent donc présenter dans ce cas le même flux magnétique
(S03-186)
et la résistance mutuelle entre les deux circuits doit obéir à la condition
(S03-187)
Lorsque r' = r et que le circuit fictif a la même vitesse que le circuit réel, soit
(S03-188)
la tension u'a du circuit fictif est donc égale à la tension ua du circuit réel.
Pour que l'induit occupe une position r donnée, nous admettrons qu'il faut que la tension ua' induite sur le circuit fictif " a' " soit inférieure à la tension d'induit ua pour toutes les valeurs de r' autres que r , mais en supposant toujours l'égalité (S03-188) des vitesses.
Pour trouver l'équation électromécanique, il suffit donc d'exprimer que la tension u'a prend sa valeur maximum lorsque r' = r . Pour certaines formes des fonctions de couplage entre les circuits, il est possible que ce maximum n'existe pas. Dans ce cas, cela signifie que le modèle soit être modifié pour pouvoir rendre compte des phénomènes souhaités.
A titre d'exemple, nous allons établir l'équation électromécanique dans le cas le plus élémentaire. Nous négligeons pour cela les résistances des enroulements , nous supposons que l'inducteur ne comporte pas de saillances magnétiques, négligeons la saturation magnétique et supposons que tous les couplages sont sinusoïdaux.
Sous ces hypothèses, le flux du circuit réel est
(S03-189a) ya = yo cos re + La ia + La cos (re' - re) ia'
où La est l'inductance du circuit d'induit, et celui du circuit fictif
(S03-189b) ya' = yo cos re' + La cos (re' - re) ia + La ia'
La fonction de coénergie s'écrit donc
(S03-190) wcm (ia , ia' , re, re' ) = yo cos re ia + yo cos re' ia' + (1/2)La (ia)2 + (1/2)La (ia')2 + La cos (re - re') ia ia'
Dans les équations ci-dessus, nous avons considéré le courant ia' malgré le fait qu'il soit nul, parce que c'est indispensable pour pouvoir appliquer l'équation des circuits glissants (S01-72) des circuits glissants au circuit fictif. On obtient ainsi pour ce dernier, en supposant que l'on est en régime établi (dérivées temporelles de r, r' et ia nulles)
(S03-191)
Cette tension est maximum lorsque re' satisfait la condition
(S03-192) 0 = - yo cos re' - La cos (re - re') ia
soit, puisque l'on doit avoir pour cette position re' = re ,
(S03-193) cos re = - La ia / yo
qui est l'équation électromécanique
cherchée. A noter que le membre de droite est positif dans le cas
d'une génératrice car le courant ia est
négatif puisque l'on a supposé ua positif. On doit
limiter les solutions à celles qui rendent (S03-191) maximum (et non
minimum). Un examen de cette condition conduit à la conclusion
qu'il faut retenir uniquement la valeur de
re qui se trouve dans l'intervalle
[- p/2 , 0].
On vérifie aussi que pour cette position du circuit d'induit le
circuit fictif ne peut pas développer de valeur de u'a
supérieure à ua quellle que soit la position
de ce circuit.
Remarque : on notera que la valeur de re n'est pas celle qui rend la tension d'induit maximum. La tension d'une génératrice à redresseur est donc inférieure à celle que l'on obtiendrait avec la même machine munie d'un collecteur classique. Ce n'est en effet que lorsque le courant ia est nul que le circuit d'induit se place en quadrature avec l'axe magnétique de l'inducteur.
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Dernière mise à jour le 18-08-2004